Réservoirs du VIH : une étude française saluée aux USA


La découverte par deux équipes françaises d’un repère de la présence cachée du VIH a été saluée par la presse médicale américaine. Le site spécialisé MedPage Today titre : Molecule could be first step to eradicating virus “reservoir”, Biomarker Opens New Door ...

La découverte par deux équipes françaises d’un repère de la présence cachée du VIH a été saluée par
la presse médicale américaine. Le site spécialisé MedPage Today titre : Molecule could be first step to
eradicating virus “reservoir”, Biomarker Opens New Door in HIV Cure Research.

Il s’agit d’un marqueur transmembranaire sur les globules blancs T CD-4 abritant le VIH : envisager de cibler ces cellules-hôtes (involontaires) du virus quiescent serait la voie d’éradication du virus ? Les chercheurs de l’Institut de génétique humaine de Montpellier et du CHU de Créteil ont publié ce travail1. Il en ressort que pour la première fois depuis le début de la pandémie on disposerait d’un biomarqueur des T CD-4 squattés par le VIH, le CD32a, molécule de surface présente sur environ la moitié des CD-4 et absente des cellules non infectées. Cette découverte ouvre sur la recherche d’un moyen d’éradication de ces réservoirs qui favorisent la pérennité de l’infection et son rebond si l’on interrompt les antirétroviraux. Reste à comprendrepourquoi CD32a marque les seules cellules réservoirs, c’est peut-être le marqueur d’un autre marqueur fonctionnel, selon une spécialiste australienne, le Dr Sharon Levine (Institut Doherty, Melbourne). Pour d’autres spécialistes, les T CD-4 infectés, où se réplique le
virus, acquerraient une certaine immortalité, un état dormant (resting state), du fait de l’intégration du VIH dans leur génome. C’est quand les CD-4 se réactivent que la réplication du VIH reprend et qu’on observe ce rebond à l’arrêt du traitement, que l’on a pu justifier quand la charge virale devient indétectable. Selon le Dr Douglas Richman (Centre de recherche sur le sida, Université de Californie, San Diego) environ un CD-4 sur 1 million seulement serait silencieusement infecté par le VIH. Les chercheurs français ont utilisé leur technique récemment développée pour générer un grand nombre de cellules dormantes, tout en évitant leur activation. Puis ils ont comparé celles-ci avec des cellules non infectées pour voir s’il existait une différence dans l’expression des gènes entre elles. Dans les gènes des cellules réservoirs, 16 codent des protéinesransmembranaires, le plus fortement exprimé étant FCGR2A, qui code CD32a, un récepteur d’IgG, mais de très faible affinité, disent es auteurs français.
Y.-M. D.
source
MedPage Today.
1CD32a is a marker of a CD4 T-cell HIV reservoir
harbouring replication-competent proviruses,
Nature, 2017 Mar 23 ;543(7646):564-567. doi :
10.1038/nature21710.