Eradication de la tuberculose : Entre progrès et obstacles


La tuberculose-maladie (9 millions de nouveaux cas par an dans le monde) est la 8e cause de mortalité avec plus de 3 millions de décès chaque année. Plus de 95 % des cas mortels touchent les pays en développement. Dans la moitié des ...

Plus de 95 % des cas mortels touchent les pays en développement.
Dans la moitié des cas, la tuberculose est bacillifère, donc contagieuse. Problème : l’émergence de la résistance puis de la multirésistance du bacille aux antituberculeux classiques repousse depuis plusieurs années l’objectif

d’une éradication mondiale. Il y aurait dans le monde environ 500 000 cas de tuberculose multirésistante (TBMR). On détecte même de plus en plus de souches ultra-résistantes dans certains pays, et même des cas de tuberculose toto-résistante (aucun recours thérapeutique possible). Les principaux facteurs favorisant la tuberculose
sont la pauvreté, la malnutrition etle sida, mais la multirésistance est devenue en quelques années un facteur
d’extension significatif. En France, l’incidence de la tuberculose- maladie a régulièrement
baissé depuis un demi-siècle : de 16,5 cas pour 100 000 en 1993, elle a décru à 7,5 cas pour 100 000 en 2013. La répartition de la maladie est hétérogène avec 3 régions qui restent à plus haut risque : la Guyane, Mayotte et l’Ile de
France. La naissance dans un pays de forte endémie tuberculeuse est un facteur de risque élevé avec une incidence dix fois plus forte. Les personnes sans domicile fixe sont à très haut risque, avec une incidence de 176,7 pour 100 000 en 2013. Même si le nombre de TBMR reste très faible en France, il augmente régulièrement par importation de cas. La lutte anti-tuberculeuse passe tout d’abord par le dépistage rapide, l’isolement et le traitement bien conduit des cas contagieux. L’observance thérapeutique est essentielle et pose des problèmes majeurs dans de nombreux pays [l’OMS a proposé le protocole DOTS : traitement court sous observation directe du soignant-NDLR]. En complément de ces actions, des efforts de prévention sont indispensables. Enfin la vaccination généralisée par
le BCG garde tout son intérêt dans les pays de forte endémie pour les enfants à risque et dans les pays développés à faible endémie. Le BCG n’apportant qu’une protection partielle contre la forme pulmonaire, donc contagieuse, l’éradication de la tuberculose nécessite d’améliorer le diagnostic de l’infection tuberculeuse latente pour augmenter la prescription d’un traitement antituberculeux préventif lorsque cela se justifie.|
Y.-M. D.